[perfectlovers] _ art contemporain et entreprises / Comprendre la création contemporaine pour mieux se comprendre

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

dimanche, février 19 2012

Nouveau Blog

Ceci est l'ancienne adresse de mon blog.

Pour accéder au nouveau blog, cliquez ici

jeudi, août 27 2009

Corporate Artistes, l'art au secours du travail en équipe et de l'ouverture d'esprit, c'est possible

Article extrait du Nouvel économiste, 27 août-2 septembre 2009.

Flash0.jpg

samedi, août 8 2009

Montblanc et la création contemporaine : nouvelle boutique Montblanc, rue de la Paix, Paris _ A suivre

Extraits de l'article de Worldtempus paru le 7 août 2009

A deux pas de la Place Vendôme, la boutique Montblanc, un écrin de 500m2 sur deux étages, dévoile les talents de la marque : Horlogerie et Haute Horlogerie, Joaillerie et Haute Joaillerie, Instruments d’écriture avec les Editions Limitées et pièces uniques qui sont une des signatures de la Maison, et Maroquinerie.

Toutes les collections y sont exposées dans un univers clairobscur, entre tonalités beige et bleu nuit. Pour la première fois, l’intégralité de la collection Montblanc Haute Joaillerie sera réunie dans un même lieu. La boutique Montblanc de la rue de la Paix devient le point de vente le plus prestigieux en France et en Europe, et l’un des Flagships les plus représentatifs de la marque au monde, à l’instar de ceux de Genève, Shanghai, Los Angeles Rodeo Drive…

La boutique du 7 rue de la Paix sera donc le nouvel emblème parisien de la maison Montblanc et pour cela les architectes (Isabelle Bleze-Pascau et Ons Gherib, forts d’une expérience de plus de 10 ans dans l’univers du luxe et ayant rejoint la marque récemment) ont tout mis en œuvre pour faire de ce lieu un endroit de luxe et d’élégance absolue.

montblac

En outre, tous les mois, Montblanc exposera de jeunes artistes, photographes, sculpteurs, peintres afin de promouvoir leur talent. La première initiative sera l’exposition pendant le mois d’octobre, du gagnant du Prix Montblanc Docks Art Fair (Foire d’Art contemporain de Lyon) qui promeut les artistes émergents, du 14 au 20 septembre 2009. Montblanc est forte d’un réseau de près de 360 boutiques dans le Monde.

Le 7 rue de la Paix sera avec ses 500 m2 la plus grande ouverte en Europe par la Maison. A Paris, la marque s’exposera en outre sur les Champs-Elysées et à Saint-Germain-des-Prés. L’ouverture de la boutique aura lieu le 21 août 2009.

Boutique Montblanc 7, rue de la Paix Paris 2éme Tel 01 58 62 48 52

mercredi, juillet 15 2009

Intervention pour Lizarine, accompagnement visant au developpement des partenariats entre le centre d'art Le lait et le secteur économique

Le centre d’art le LAIT, laboratoire artistique international du Tarn est un laboratoire pour la création contemporaine et sa médiation. C’est un lieu d’expérimentations et d’expériences culturelles, dont la vocation première est l’accompagnement du projet artistique. Sa mission est le soutien à la création artistique contemporaine, la diffusion et la transmission de la connaissance de l’art d’aujourd’hui. Le soutien à la production d’oeuvres est une priorité. Structure pionnière dans les années 80’ de la production d’oeuvres In situ, les artistes sont invités à investir des espaces, à créer des œuvres spécifiques en étroite relation avec les contextes d’exposition, leur architecture, leur histoire, leur actualité... et au-delà, le territoire des villes, du département, de la région...

le lait gd

En l’espace de quelques années, le centre d’art est devenu une référence en matière de création contemporaine et de médiation grand public. De jeunes créateurs et des artistes de renommée internationale y ont produit des œuvres inédites. A l’instar de Claude Lévêque en 2007 – artiste qui représente la France à la Biennale de Venise 2009, ou de Daniel Buren en 2008 dont l’exposition « A contre-courant, travaux in situ et en mouvement » a connu un grand succès public et médiatique.

Le centre d’art le LAIT est unique en son genre. Implanté dans les deux principales villes du Tarn, il réunit deux sites complémentaires pour un projet commun : les Moulins Albigeois, à Albi, et l’Hôtel de Viviès, à Castres, deux sites patrimoniaux remarquables.

Aujourd'hui le centre d’art bénéficie du soutien de la Direction Régionale des Affaires Culturelles / Ministère de la Culture et de la Communication, du Conseil général du Tarn, de la Région Midi-Pyrénées, de la ville de Castres et de la Ville d’Albi. la phase suivante de son développement pour ancrer ces actions dans le territoire et permettre son développement est de tisser des liens pertinents et profonds avec les acteurs économiques de son territoire.

vendredi, juillet 10 2009

Prix « Start » : Hiscox soutient l’art contemporain

logo_hiscox.gif Pour la cinquième année consécutive, leader européen pour l’assurance des objets d’arts et des collections a récompensé des jeunes diplômés de l’école des Beaux-Arts de Paris pour la qualité, la technicité et la créativité de leur travail.

tricaud Cyril Tricaud / Etude 2 pour la piéta

Hiscox, soutient et parraine l'ensemble de l'exposition des félicités et décerne le prix start à deux jeunes diplômés, qu'il accompagne au début de leur carrière artistique. Le prix start 2009 a été remis le 9 juin à 19h30 précise dans les galeries d’exposition et les deux lauréats bénéficieront d’une exposition dans le vestibule, à La maison rouge, Fondation Antoine de Galbert.

Les lauréats du prix start 2008, Bertille Bak et Perrine Lievens ont exposé quant à eux au Hiscox Art Cafe, lieu d’exposition atypique au cœur de La City à Londres, dans l'immeuble du siège de Hiscox.

death_counter.jpg

Les deux « filleuls Hiscox 2009 », Elika Hedayat et Cyril Tricaud, bénéficieront d’une dotation de 5000 euros, d’une commande de deux œuvres destinées aux bureaux d’Hiscox France ainsi que d’un contrat d’assurance d’un an pour leurs futures expositions.

elika Elika Hedayat

Ils seront également exposés à la Maison rouge au moment de la FIAC.

Source : l'entreprise citoyenne

vendredi, juin 19 2009

[perfectlovers] sur TLT

[TLT mai 2009

jeudi, mai 28 2009

No limit’ entre l’art, l’entreprise et l’innovation" chez CARI

Parce que l’innovation est partout, aussi bien dans la façon d’interpréter un art traditionnel, que dans l’évolution d’un savoir-faire, ou encore dans les nouvelles technologies, le groupe CARI a pris comme thème de son exposition annuelle "No limit’ entre l’art, l’entreprise et l’innovation". Pour la septième année consécutive, CARI confirme ainsi son soutien pour l'art et les artistes de talent dont les œuvres sont exposées sur les trois niveaux de son siège social. Sur concours d’art ouvert aux étudiants, professionnels et amateurs, une cinquantaine d’artistes (peintres, dessinateurs, photographes, performers, graphistes, sculpteurs...) a été sélectionnée soit une centaine d'œuvres exposée toute une année.

Le vernissage aura lieu jeudi 28 mai à partir de 18h30 au siège de CARI, ZI, 1ère avenue, 17ème rue, Carros. no limit cari
A cette occasion, trois œuvres seront primées par un jury de professionnels composé de personnalités du monde artistique, économique et politique et de Georges Dao, Président de CARI.

Pour en savoir plus cliquer ici

Vous pourrez aussi y retrouver les artistes de l’exposition 2008.

jeudi, mai 7 2009

Une résidence d'artiste : "A partir d'un déséquilibre, un équilibre se crée" Francis Rousseau

Eurogroup dont je vous ai déjà parlé a choisi de poursuivre sa programmation de résidences d'artistes. La dernière a eu lieu avec Renaud Auguste-Dormeuil. J'ai envie de vous transmettre quelques extraits d'un entretien de Francis Rousseau, Directeur général d'Eurogroup. Cet entretien a été réalisé le 6 février 2009 pour la publication éditée à l'occasion de l'exposition Black Out, trace de la résidence d'une durée de 4 mois de Renaud Auguste-Dormeuil. Je trouve que Francis Rousseau décrit avec beaucoup de sensibilité et de subtilité les effets de la présence d'un artiste dans une entreprise

Voilà le point de vue de Francis Rousseau

num_risation0001.jpg Francis Rousseau. Copyright Alain Goulard

''La présence de Renaud Auguste-Dormeuil a profondément modifié le processus général. Renaud a mis en exergue la surprise continuelle, inhérente à ce dispositif si particulier. Je trouve bénéfique la nature non maîtrisée du processus et le fait qu'on ne comprenne pas tout forcément tout de suite. Les réactions provoquées sont multiples : la résidence nous croise, nous heurte, nous nourrit, nous surprend, nous énerve...Il est impossible de la mettre dans une boîte.

Pendant la résidence, il y a eu un double effort à fournir : de la part des collaborateurs comme de celle de l'artiste. ce que je résumerais " les arrogances entrepreneuriales et artistiques" se sont confrontées, se sont frottées l'une à l'autre puis se sont rencontrées. c'est pour moi un mouvement très positif, au cœur de la Résidence.
La démarche radicale de Renaud Auguste-Dormeuil aurait pu donner lieu à un rejet - ce qui n'aurait pas été un échec- mais le mouvement de chacun, au fur et à mesure de la Résidence, a permis de créer un vrai lien. A partir d'un déséquilibre, un équilibre s'est crée.


BO L'œuvre Black Out de Renaud Auguste-Dormeuil.Copyright Alain Goulard

Mais en soulevant la question de la place de l'art dans l'entreprise sa démarche a permis de soulever d'autres questions. Ainsi, le soir du vernissage, était-il drôle d'entendre l'artiste conclure " je réalisais quelque chose mais je savais très bien que cela n'allait pas fonctionner, que je n'allais pas réussir à faire disparaître Paris". il a introduit la notion d'échec au sein du cabinet, lieu supposé de la performance, à partir d'une œuvre qui s'est révélée un "prétexte" pour parler d'art et de nombreux autres sujets."

Tisséo, à l'origine du plus grand musée souterrain du monde...

Suite à l'évènement organisé par l'association Rrose selavy qui a connu un très grand succès le 3 avril, je souhaite revenir sur l'intervention de Tisséo et ses actions en faveur de la culture qui m'a paru intéressante a plusieurs égards :
- La démarche stratégique cohérente
- La présentation des motivations de cette entreprise et plus particulièrement le lien entre le soutien à la culturel et l'implication dans le développement de la dynamique térritoriale
- Le rôle de la culture et de l'art contemporain pour une entreprise dans un contexte économiquement difficile
- Les choix artistiques sont de très bonne qualité et permettent aux toulousains de découvrir les artistes de la scène artistique internationale. Avec l'arrivée de la Ligne B et les 3 dernières stations de la ligne A Tisséo offre aux toulousains la possibilité de découvrir les oeuvres de 38 artistes contemporains. Aujourd'hui le métro toulousain est un vrai musée d'art contemporain. De Borderouge à Ramonville, sur la ligne B, vingt créateurs ont imaginé des œuvres singulières, reflétant chacune leur engagement esthétique et leur vision de l'espace public.

En exclusivité sur le blog perfectlovers, voici l'intervention de Catherine Labroue, déleguée au mécénat culturel chez Tisseo. Je tiens sincèrement à la remercier pour avoir accepté de me remettre son intervention.

minimes_3_.jpg Intervention de Damien Aspe à la station Les Minimes












Intervention Colloque DRAC, Toulouse, le 3 avril 2009

Je voudrais remercier Rrose Selavy et l’ensemble des galeristes pour avoir initié cette rencontre avec le soutien précieux de la DRAC et de la Chambre de commerce et d’industrie. Il s’agit de témoigner de l’engagement singulier de TISSEO dans le domaine de la Culture.

I. Mécénat culturel : une démarche singulière, une dynamique propre à la culture d’entreprise

Cet engagement s’inscrit dans le temps et dans l’histoire de l’entreprise. En effet, l'art et le métro, c'est une histoire ancienne. L'installation d'œuvres contemporaines dans les stations de ligne A a été généralisée dans toutes celles de la ligne B. Les artistes retenus ont dû travailler sur deux thématiques : la lumière et le lien social. 38 œuvres, pour un musée ouvert, vivant, accessible, lieu de dialogue entre les œuvres d’art et les usagers. Le parcours du futur tramway sera éclairé sur 11 km par une œuvre d'art lumineuse au sol conçue par Frédéric Audibert, et ponctuée par des œuvres de Daniel Coulet « jambe de cheval », Richard Fauguet « ADN du chien et du moustique », Gloria Friedmann « le locataire », Stéphane Pencreac’h « Mirador ».

En créant une délégation au mécénat culturel, TISSEO, sous l’impulsion de son Président, Stéphane COPPEY, renforce sa politique en faveur du mécénat et son engagement aux côtés des principaux acteurs de la vie culturelle de l’agglomération toulousaine. La création de cette délégation s’inscrit donc bien dans une politique de continuité avec les diverses initiatives menées jusqu’alors par TISSEO, notamment en matière de soutien à l’art contemporain par la valorisation et développement des œuvres d’art dans le métro et tramway (commande publique).

Il s’agit de poursuivre une démarche de valorisation de l’espace public. L’ambition des commandes publiques des lignes A, B et E est de proposer un ensemble cohérent et représentatif de la création visuelle contemporaine.Les actions de médiation seront poursuivies afin de rendre accessible au plus grand nombre cette invitation poétique faite aux usagers (Mise en place de collaboration pour valoriser le musée du métro (Abattoirs, office de tourisme, centres d’art etc.) Elle démontre aussi une volonté forte de structurer son action de mécénat autour d’axes clairement définis.

Le mécénat culturel permet de soutenir le développement culturel local et de participer à l’attractivité du territoire de Toulouse et de l’agglomération. Cette dimension concerne directement, cela a été dit tout à l’heure, la vitalité des entreprises. En initiant de véritables engagements, basés sur des objectifs partagés en direction d’acteurs culturels, en soutenant des initiatives d'artistes, TISSEO s'implique de façon citoyenne dans la vie de la Cité résolument engagée pour construire la Ville de demain.

La Culture pour TISSEO est bien un champ d’intervention au croisement de plusieurs exigences sociétales et de véritables enjeux pour la Ville et son agglomération : cohésion sociale, citoyenneté, développement urbain, aménagement du territoire, développement durable. Ces valeurs et thématiques sont donc au cœur de la culture d’entreprise de TISSEO, elles font écho et rendent cohérentes l’engagement de TISSEO en faveur des acteurs culturels.

Cette démarche novatrice pour TISSEO s’inscrit bien sur dans celle issue des Assises de la Culture menées par la Ville de Toulouse : la Culture au cœur de la réflexion urbaine et transcendant l’ensemble des enjeux urbains. TISSEO y tiendra sa juste place.

Ainsi TISSEO est partenaire et soutient le Centre de Développement Chorégraphique, pour le festival C de la Danse contemporaine, la Cinémathèque de Toulouse dans le cadre du festival Zoom arrière, le Festival Détours de chants, le Printemps de septembre, le Marathon des mots, La Grainerie pour Caravanes de cirque, Festi couleurs,l’association Claude Nougaro, l’association Escambiar dans le cadre du festival Huluberlu d’Odyssud, partenariat avec l’office de tourisme pour des visites guidées « l’art dans le métro, la Ville de Tournefeuille pour son projet « laboratoire des Cités futures, la Petite pour les femmes s’en mêlent …. …

Les nouveaux projets et temps forts portés par la Ville de Toulouse dans le domaine de la création et de l’innovation peuvent utilement être relayés et soutenus par TISSEO, notre démarche s’entend dans la complémentarité et la cohérence des projets.

Il s’agit de proposer une stratégie cohérente de mécénat propre à la culture d’entreprise de TISSEO et rendre lisible les valeurs qu’elle porte (solidarité, citoyenneté, développement durable). Celle ci vise à mettre en place une démarche singulière et exigeante de soutien à des opérateurs culturels de l’agglomération toulousaine. a mise en place de cette stratégie exige par ailleurs un cadre d’intervention précis et transparent, gage d’efficacité, de lisibilité et de cohérence.

Il s’agit bien d’adopter une démarche rationnelle adaptée aux réalités du secteur culturel et à celui de l’entreprise, à l’opposé d’une conception purement évènementielle ou d’un choix personnel « coup de cœur ».

TISSEO « entreprise engagée » : pour un engagement en faveur de la culture

La culture n’est pas le cœur de métier de TISSEO ; en revanche, la vocation de TISSEO entreprise de transport, est de placer le déplacement au cœur de l’action publique en facilitant la relation dans l’agglomération, au travers des modes collectifs de transports. TISSEO est une entreprise de communication au sens noble du terme. Il s’agit donc de considérer l’engagement de TISSEO dans un projet culturel comme étant un facteur de proximité, de lien social, d’échanges, la notion de culture étant étendue dans son acception large : création, diffusion, participation. La Culture pour TISSEO n’est pas un « supplément d’âme ».

II. Les axes prioritaires de la politique de TISSEO dans le domaine du mécénat culturel :

Il est proposé de ne pas privilégier une discipline en particulier mais de promouvoir les arts urbains au sens large du terme, au regard de l’identité de TISSEO : nous sommes en effet dans un champ artistique populaire qui place le rapport art- Culture -environnement urbain, et la place de la Culture dans la Ville au cœur de cette problématique.

- TISSEO, partenaire des arts urbains

Le soutien aux projets culturels : critères d’intervention Une stratégie ambitieuse de développement culturel exige un cadre clair d’intervention, de définir les axes des projets pour lesquels l’entreprise s’engage. Il s’agit, en effet, par opposition à des choix subjectifs, de favoriser la mise en place de critères clairs et partagés, de grilles d’évaluation permettant à l’exécutif de valider les projets, aux équipes en interne concernées de mieux investir le champ des partenariats. Enfin pour les acteurs culturels concernés, elle permet une meilleure connaissance de l’entreprise, de ses priorités culturelles et donc de définir son projet de façon pertinente

Les critères développés ici doivent être entendus comme un faisceau d’indices permettant, in fine, de retenir un projet culturel.

TISSEO accompagne et soutient les acteurs culturels dans le cadre de la mise en place de projets culturels structurants (évènements, festivals, opération d’envergure métropolitaine, régionale voire nationale) qui visent à :

- s’implanter et se développer dans le cadre du Plan de Développement Urbain et à s’inscrire dans une dynamique territoriale (ancrage territorial confirmé, investissement sur le territoire d'implantation, voire d'autres territoires, par des actions ciblées sur la durée et qui mobilisent des partenariats), à intégrer dans leurs propositions un regard sur la Ville, le paysage urbain. Mots clés : mobilité, développement urbain

- intégrer dans leurs actions des principes permettant l’accès du plus grand nombre à la culture (politique tarifaire, actions éducatives, actions entrant dans le champ de la politique de la ville, actions de médiation, notamment auprès des jeunes) Une attention particulière sera portée sur le travail en direction des populations, les jeunes notamment, qui sont éloignées de la création artistique, et plus généralement de la culture, pour des raisons géographiques, sociologiques, économiques (accès des publics dits empêchés) Mots clés : solidarité, proximité, cohésion sociale, accès à la culture

-favoriser et mettre en œuvre des actions significatives liées au développement durable (valorisation des transports en commun, sites de covoiturage, pistes cyclables, gestion des déchets, mise en place d'un tri sélectif traitement spécifique de certains déchets récurrents, valorisation ou recyclage des déchets, restauration (circuit court, produits issus de l'agriculture biologique et du commerce équitable), gestion de la ressource : eau, énergie, promotion du développement durable et actions de sensibilisation. Mots clés : développement durable, Agenda 21, Citoyenneté

-s’inscrire dans une démarche d’innovation artistique, notamment dans le cadre des arts urbains, de l’émergence artistique, du principe de mobilité artistique ; une attention particulière sera également portée aux projets valorisant la culture scientifique et technique Mots clés : création, diffusion artistique, innovation

-impulser une véritable dynamique d’offre culturelle à destination des usagers et du grand public et à favoriser les propositions artistiques dans le métro, bus et futur tramway . Mots clés : diffusion, accès à la culture, créativité, notion de spectateur-acteur,

-mobiliser des partenariats et collaborations avec des structures culturelles ou structures ressources.

-mobiliser des ressources auprès des institutions (Etat, Région, Département, Communauté urbaine, Ville) Mots clés : complémentarité, cohérence, complémentarité

III. Le mécénat : un socle commun de principes

J’ai évoqué l’exemple de TISSEO et la démarche structurée qui est la notre. Aucun schéma d’organisation n’est transposable mais je dirai qu’il existe un socle commun de principes qui fonctionne dans le cadre d ‘un engagement avec un acteur culturel ou un artiste.

La mise en œuvre d’une stratégie de mécénat exige la pérennité des engagements vis-à-vis d’un partenaire culturel, et la visibilité des actions. Elle impose aussi la nécessité d’un dialogue, d’une relation de confiance, et de respect de la personnalité de l’artiste ou de la structure culturelle concernée. C’est pour cela que je préfère le terme de collaboration.

Cette confiance doit être réciproque, le respect des engagements, également.

Ainsi, solliciter un mécène nécessite de le faire dans des délais qui permettent justement un dialogue, et une approche sincère au risque de tomber dans l’effet guichet ce qui n’est pas souhaitable ni aucune des deux parties.

Apparaitre mécène ne se décrète pas, il s’agit de gagner deux défis : être crédible vis-à-vis du secteur professionnel culturel et dans le même temps de créer l’adhésion de cet engagement en interne, de convaincre de l’impact d’une politique de mécénat sur l’entreprise.

Dans cette perspective je crois qu’il est important de ne pas être dans une approche strictement marchande, de négociation, même si évidemment la lisibilité de l’action de l’entreprise est importante et même un préalable. La relation de confiance repose sur la sincérité de l’engagement.

Définir clairement les critères d’intervention dans ce domaine est un gage de transparence et de meilleure compréhension des enjeux de l’entreprise. Cela me parait important pour toutes formes de mécénat qu’il soit en nature, en prestations ou de compétences. Il ne s’agit pas du fait du prince ; il s’agit d’un véritable soutien qui s’inscrit dans la culture de l’entreprise, dans son histoire et donne à l’entreprise en interne et en externe une image différente, une autre densité.

Crise économique et mécénat : Cette approche rationnelle s’impose dans le contexte actuel

La crise économique a des effets directs sur l’implication des entreprises en direction du mécénat culturel. La réaction des entreprises fortement engagée dans le mécénat n’est pas d’opérer un retour en arrière mais de clarifier leurs modes d’intervention, leurs critères, leur lignes d’action, ce qui constitue une saine et nécessaire clarification dans le cadre de l’attribution de fonds destinés au secteur culturel. La culture peut constituer pour une entreprise un vecteur d’identité forte et répondre aux valeurs portées par l’entreprise. Dans le cadre d’une stratégie hors coût, hors prix que vous connaissez bien et qui permet de se différencier sur un marché marqué par la crise et la mondialisation, le domaine culturel et spécifiquement celui de l’art contemporain et de l’acte de création , par son caractère lié à l’innovation, la créativité, permettent une réelle plus value de l’entreprise , au-delà même des objectifs généraux du mécénat qui ont été exposés qui permettent d’améliorer le caractère attractif de l’environnement, de renforcer et de spécifier l’image externe, de renforcer la cohésion du personnel

Il faut, dans ce domaine être modeste, le mécénat ne saurait soutenir la vie culturelle et artistique dans son ensemble, il accompagne à son niveau les initiatives culturelles aux cotés des collectivités locales et de l’Etat qui garantissent la pérennité des actions, j’allais dire leur survie.

L’entreprise soutient le secteur culturel, qui en a bien besoin, elle s’inscrit dans une dynamique, convaincre en interne pour que le choix du mécénat ne soit pas ressenti comme un supplément d’âme ou une caution morale. C’est, je l’ai dis, un engagement qui doit être contractualisé par le biais d’une convention.

Enfin une démarche de mécénat peut être menée dans un cadre collectif ; à cet égard, l’expérience menée par le Club des entreprises pour la Candidature de Toulouse 2013 a été extrêmement enrichissante pour les entreprises concernées.

Cette vision collective au service d’un grand projet a permis à des entreprises de découvrir ou de développer la relation de mécène et de percevoir ses enjeux.

La démarche du Club des entreprises se poursuit dans le cadre de la réflexion menée par la Ville de Toulouse pour son projet culturel, avec l’idée de fédérer autour d’un projet ambitieux les acteurs culturels et socio économiques.

Il y a bien ici une pérennité qui dépasse l’évènement, la médiatisation mais bien un engagement de l’entreprise pour les affaires de la Cité.

Cependant la place de l’artiste dans la Cité est fragile elle ne doit pas être instrumentalisée, la suspicion, des artistes vis-à-vis du secteur économique vient de cette crainte légitime, la confiance que j’ai évoquée à plusieurs reprises est essentielle.

La Culture n’est pas affaire de spécialiste ni de professionnels, ce n’est pas un domaine réservé, chacun peut, doit l’appréhender, s’en saisir, et au final le croisement des interventions des collectivités, du monde économique renforce cette vitalité culturelle, pour peu que les domaines d’intervention soient bien définis et lisibles.

Je vous remercie.

Catherine LABROUE Déléguée au Mécénat Culturel

Pour faire une visite virtuelle de la ligne B, cliquer ici.
C'est un peu long à télécharger mais cela fonctionne... patience !

metro_10.jpg Intervention de Jean-Paul Marcheschi à la station des Carmes

mercredi, mai 6 2009

Un cabinet d'avocat pas comme les autres : 28 octobre

Les avocats sont connus pour être des amateurs d'art, voir des collectionneurs. Le cabinet d'avocat 28 octobre pousse encore plus loin cet engagement en faveur de la création contemporaine. Il présente régulièrement des expositions d'artistes contemporains ouvertes au public.

28_10.jpg

Deux avocats sont à l'origine de ce cabinet. David Koubbi, spécialisé en propriété littéraire et artistique et auteur d'un roman " Hélium et papillon" aux éditions Fiscbacher (2004) et Benoit Pruvost, spécialisé dans le droit des Affaires.

Pour en savoir plus cliquer ici

Initiative à suivre...

jeudi, avril 30 2009

Miele invite l'art contemporain dans son show-room

Article extrait de Maison a part

Le célèbre fabricant d'électroménager Miele propose du 30 avril au 30 mai, une exposition exceptionnelle dans sa galerie, boulevard Malesherbes à Paris. Intitulé l'"Art par nature", elle propose au visiteur de s'interroger sur le dialogue croisé entre design, innovation et art contemporain. En partenariat avec le Musée des Arts Déco, des ateliers d'expression artistique sont également proposés.

20090429_152934_caillard1.jpg Œuvre de Ludivine Caillard

Installations, photographies, peintures, sculptures... Une exposition comme les autres ? Pas vraiment. Car celle-ci se déroule à l'initiative d'un fabricant d'électroménager. Miele propose en effet pendant un mois, du 30 avril au 30 mai 2009, de découvrir six artistes contemporains dans sa galerie/show-room boulevard Malesherbes à Paris, dans le cadre de sa "Wash Week". Un événement qui prend ainsi la suite des "weeks", rendez-vous créés en 2008 autour de thématiques artistiques.

Pour cette exposition intitulée "L'art par nature", les artistes Ludivine Caillard, Pauline Vachon, Anne de Vries, Nathalie Bermudes, Marie Wiesensel et Franck Loret ont accepté l'invitation de Miele. Alors même que la marque accentue son virage écologique, en présentant de nouvelles machines (lave-linge, sèche-linge, lave-vaisselle) aux innovations soucieuses de la planète, elle entend par cette exposition, montrer des regards croisés sur la nature et l'environnement en faisant dialoguer design, innovation et art contemporain.

Des ateliers pour les visiteurs A noter que la galerie propose également des ateliers d'expression artistiques, en complément de l'exposition, animés par des conférenciers-stylistes des Musées des Arts décoratifs, les samedis 16, 23 et 30 mai 2009. "Ils permettront aux visiteurs, explique Miele, d’exprimer ou de découvrir tous leurs talents sur différents supports comme le verre, la porcelaine ou le textile en s’inspirant des œuvres exposées, et bien entendu emporter le fruit de leurs explorations créatives !"

L'art par nature - Galerie Miele Exposition du 30 avril au 30 mai 2009
55, boulevard Malesherbes 75008 Paris
Ouvert le lundi de 14h à 19h et du mardi au samedi de 10h à 19h.
Tél. : 09 74 50 1000 Pour les ateliers : inscriptions et participations gratuites sur le site de Miele ou à la Galerie Miele.

mercredi, avril 29 2009

Salariés cultivés, entreprises florissantes

Article de Muriel Jasor paru dans Les Echos le 29/04/09

Quand les outils et les solutions formatés s'essoufflent, un détour par l'art ou les sciences humaines aide à repenser la complexité du monde et à doper la capacité innovante des entreprises.

Culture commerciale, culture financière, culture du cash, culture d'entreprise ou « corporate », le mot culture est décliné à tous les niveaux de l'entreprise. Pour autant, qu'a-t-il à voir avec la culture générale ? « Compte tenu du prestige qu'on lui accorde, l'entreprise décline ce mot à toutes les sauces », constate Mohed Altrad, PDG du groupe Altrad (matériel d'échafaudage, 2.805 personnes). « On aurait toutefois tort de penser que culture économique et culture générale sont étrangères l'une à l'autre », poursuit ce patron, également auteur de quatre romans. La raison ? Par temps de crise, quand tout le monde s'appuie sur les mêmes techniques et des schémas de pensée similaires, la différence compétitive se joue sur la culture générale et l'intelligence des situations. Du coup, multiplier les connaissances extraprofessionnelles rend plus intelligible la complexité d'un marché, et donne le recul nécessaire pour appréhender des questions éthiques ou des relations sociales difficiles. Que la médiation passe par de classiques références historiques, littéraires, philosophiques, voire gastronomiques et œnologiques, ou bien par d'autres - moins orthodoxes - comme la culture manga, la musique rock ou les séries télévisées américaines.

De toute évidence, les grands patrons français ne sont pas sur la même longueur d'ondes que cette célèbre éditorialiste anglo-saxonne, qui estime « plaisant » qu'un dirigeant d'entreprise soit cultivé, « dans la mesure où on peut l'avoir pour voisin de table lors d'un dîner ». De Michel Pébereau à Bertrand Collomb en passant par Anne Lauvergeon ou Denis Kessler, nombre d'entre eux accordent de l'importance à la médiation de la culture pour mieux décrypter l'environnement économique. Et ce n'est pas l'apanage des plus diplômés. Sans formation initiale spécifique, Serge Papin, le PDG de Système U, cite désormais René Char dans ses interviews, et se délecte de la lecture des « Confessions » de saint-augustin. Pour son propre plaisir mais aussi pour mieux rivaliser avec Leclerc et son président surdiplômé.

oeuvre_rotko.JPG Mark Rothko: "Orange and Yellow", 1956

Sortir du cadre professionnel

Bien évidemment, dans les milieux d'affaires, priorité reste donnée à la valorisation des savoirs techniques, assortie d'exigences de rentabilité rapide. Mais puisque « les outils ne résolvent pas tout, et qu'il est des situations pour lesquelles il n'existe pas d'outils », souligne le sociologue Jean-Pierre Le Goff, les slogans managériaux invitent régulièrement managers et salariés à « sortir du cadre » professionnel. « La culture générale est alors un élément de décodage, de décryptage, de compréhension et d'analyse : le Gaffiot de leur environnement ! » insiste Jean-Luc Placet, président du cabinet IDRH et membre du conseil exécutif du Medef. Même dans leur travail quotidien, un nombre grandissant de professionnels gagnent à afficher une personnalité balancée entre un savoir-faire technique et des intérêts personnels. C'est, ici, un directeur de division qui multiplie les références à la bande dessinée. Une déveine pour ceux, dans son équipe, qui n'ont lu ni Hergé ni Franquin, mais une complicité assurée avec son supérieur hiérarchique, tintinophile comme lui. Là, c'est un directeur commercial qui décroche un gros contrat après une discussion passionnée sur René Girard. « Ce sont des détours dont chacun fait son miel, avec un retour positif vers l'entreprise si on sait les gérer », explique Jacques Chaize, président de Danfoss Water Controls (industrie du chauffage) et de l'Association progrès du management. Briser la glace avec un bon mot, dénouer une situation à coup de références littéraires ou partager une passion pour le rugby avec un client s'avère de plus en plus payant. « Ma passion pour l'oenologie m'aide à nouer de nouveaux contacts », confirme Olivier de Cointet, principal chez Booz & Company, et président de Pluris Millésimes, un club européen d'amateurs de vins.

Problème : par pudeur, par peur de desservir leur image professionnelle ou bien, faute de la culture nécessaire, des dirigeants, managers ou simples salariés restent encore nombreux à limiter leurs raisonnements aux seuls aspects techniques. « Compenser un manque de curiosité est toujours difficile », reconnaît Jacky Lintignat, directeur général de KPMG, un cabinet d'audit et de conseil qui propose des « modules d'ouverture » à ses hauts potentiels - majoritairement diplômés de grandes écoles - pour ne pas les laisser se cantonner dans un rôle de « supertechniciens de la comptabilité ». Il n'empêche. Le niveau culturel baisse, au dire de beaucoup, et ce phénomène n'épargne pas l'entreprise. Appréciés pour leur ouverture internationale et leur parfaite maîtrise des outils informatiques et multimédias, les jeunes diplômés afficheraient « des lacunes considérables en matière artistique, historique, religieuse ou politique, y compris chez les cadres de bon niveau », d'après Henri de Castries, le président du directoire d'AXA. Mais il n'y a pas que les jeunes. Tout le monde ne suit pas ce dirigeant, qui puise dans la littérature du XIXe siècle pour décrire certains comportements humains. Or, plus on monte dans la hiérarchie, plus les enjeux portent sur le sens et le relationnel. Prime à la curiosité

« Chercher à promouvoir la culture générale en entreprise ne doit toutefois pas servir de prétexte à reproduire un univers social et culturel qui appartient à une génération ou à une couche spécifique de la société », avertit Frédéric Mion, secrétaire général du Groupe Canal+. Selon ce normalien, énarque et diplômé de Princeton (Etats-Unis), une culture générale définie de façon trop limitée aurait un caractère « figé, nocif, délétère ». « Elle fossiliserait les modes de pensée au lieu d'encourager la curiosité ». S'il n'est pas question de remettre au goût du jour les humanités des années 1950, prime doit être donnée à la capacité d'adaptation et à la curiosité. L'Internet, bien utilisé, peut aider. Il doit tout à la fois autoriser Facebook, informer sur la caste indienne des Marwari dont est issu Lakshmi Mittal, le PDG d'ArcelorMittal, ou encore permettre de visionner un tableau de Vermeer ou de Rothko. Des entreprises s'adressent aussi à Eugénie Vegleris, une philosophe consultante, à la société Culture & Sens, ou à Barbara Albasio, chez Sensi, pour aviver la curiosité intellectuelle et la créativité des salariés. Le détour par l'art, en particulier, est de loin le plus apprécié. « Les dirigeants devraient se laisser titiller par l'art contemporain pour voir et repérer ce qui se passe. Car, quelle que soit l'époque, l'art reste le principal émetteur de signaux faibles de l'environnement », assure Hélène Mugnier, consultante Art & Management. Si le temps de promouvoir la culture générale au rang de valeur d'entreprise n'est pas encore venu (Groupe Altrad possède toutefois une charte d'entreprise originale), les milieux d'affaires ont néanmoins tout à gagner à réserver un rang honorable à cette valeur nommée « esprit », orientée souvent à la baisse et chère à Paul Valéry.

MURIEL JASOR, Les Echos

mercredi, avril 8 2009

La collection d'art contemporain de la Société Générale visible du Nord au Sud..

La Société Générale est un mécène actif de l’art contemporain depuis 1995, date à laquelle elle a commencé à constituer une collection particulièrement riche. Elle se compose aujourd'hui de plus de cent soixante dix pièces et offre un large panorama de la création plastique de la fin des années 1970 à nos jours. Elle se veut éclectique, ne privilégiant ni un style ni une école. C’est au gré des enrichissements successifs que trois axes se sont dessinés : la peinture, la photographie ainsi que la sculpture. Cet engagement est perpétué chaque année par de nouvelles acquisitions d’œuvres d’artistes contemporains (Bertrand Lavier, Laurent Pariente, Philippe Ramette, Pascal Pinaud…). Initialement, cette collection était destinée à habiller les espaces de vie intérieurs des collaborateurs. Avec l’engouement croissant du grand public pour l’art contemporain, le Groupe a décidé en 2003 de prêter régulièrement quelques unes de ses œuvres à certains musées de France et d’Europe.

Pour en savoir plus sur la collection, voir l'interview d'Angélique Aubert sur le site de la collection

Du 4 avril au 17 mai 2009 à Montpellier Dans l'exposition Abstractions (1956-2006)

Parmi les nombreuses œuvres remarquables qu’elle recèle, dix toiles ont retenu l’attention du musée Fabre pour leur capacité à dialoguer avec la collection du musée Fabre et ses espaces. Sept d’entre elles seront exposées dans la cour Richier, magnifique cour vitrée qui a déjà accueilli les œuvres de la donation Fournier ou plus récemment celles d’Albert Ayme.

martin_barre_74_75t_large.jpg

L’accrochage des œuvres de Martin Barré, Alan Charlton, Imi Knoebel, Jean Degottex, Shirley Jaffe, Gérard Traquandi et Gérard Titus-Carmel dans cet espace majestueux confirme une fois de plus son aptitude à accueillir des œuvres contemporaines de haut niveau, dans des conditions dignes des meilleurs musées d’art contemporain. Trois œuvres historiques ont trouvé leur place au 2ème étage des collections permanentes dans la salle 43. Il s’agit d’une œuvre d’Olivier Debré qui dialogue ici avec l’œuvre lyrique de Marcelle Loubchantsky, d’une œuvre de Zao Wou-Ki, qui rappellera la rétrospective réalisée en 2004 au Pavillon du musée Fabre, et qui est accroché ici avec une autre toile du même artiste entré dans les collections en 2007. Enfin une exceptionnelle toile de Pierre Soulages, Pierre Soulages (1919), 14 mai 58, 1958, huile sur toile, 96.5X130 cm, ouvre sur les salles consacrées à la donation de l’artiste au musée Fabre.

Pour en savoir plus sur cette exposition http://museefabre.montpellier-agglo.com/index.php/visiter/les_expositions/abstractions_1956_2006

Du 13 février au 4 mai au Laboratoire à Paris dans l'exposition While I sleep

Dans le cadre de l'exposition-expérience, Le Laboratoire invite l’artiste indienne Shilpa Gupta autour d’une thématique universelle : la peur. Thème plus que jamais d’actualité au regard des attentats perpétrés à Bombay récemment. Ce projet, développé avec la psychologue Mahzarin Banaji (professeure à Harvard), confronte le pouvoir des images au comportement des individus. Et si nos peurs étaient influencées par nos racines génétiques ? Shilpa Gupta, vivant à Bombay, est directement confrontée à la question du terrorisme dont la cible principale est une population mixte, massive et innocente. Son quotidien, marqué par les actes terroristes entre Hindous et Musulmans a très tôt orienté son travail sur des sujets qui font l’actualité d’aujourd’hui. Angoisse, dépression, peur… autant de maux qui sont le vecteur des sociétés et cultures du XXIe siècle. L’étude de ces phénomènes collectifs révèlent des thèmes sociétaux et scientifiques ; Le Laboratoire s’en fait le catalyseur et présente une vision artistique à la frontière de la recherche scientifique.

Le pouvoir des images Le travail de Shilpa Gupta s’inscrit dans une interrogation sur la globalisation culturelle au travers de thèmes aussi universels que la religion, la race, la perception de la réalité... et aujourd’hui la peur. L’artiste s’interroge sur l’impact des images quant à nos modes de penser. Le pouvoir de certaines d’entre elles peut-il nous amener à modifier notre interprétation du réel ? Sur ce point, Shilpa Gupta rejoint les réflexions du linguiste et penseur Noam Chomsky dont les dernières études tendent à prouver le pouvoir des médias sur l’opinion publique. Invité à collaborer à l’exposition présentée au Laboratoire, Noam Chomsky répond à certains questionnements de Shilpa Gupta sur l’influence des médias tant par le pouvoir des images que celui des mots.

la force du préjugé En écho à la proposition artistique de Shilpa Gupta, le travail de la neuropsychiatre Mahzarin Banaji s’articule sur les pensées inconscientes des individus. Qu’en est-il de nos préjugés et des facteurs sociaux et biologiques qui orientent nos modes de penser ? Dans un contexte terroriste, tel que le connaît l’Inde actuellement, être musulman ou hindou a-t-il une incidence sur les mécanismes de la peur ? Et si la peur était la révélation de perceptions involontaires de notre système biologique ? quatorze oeuvres de la Société Générale y sont montrées pour la première fois.

Sans_titre.jpg
KNOEBEL Imi, 1940, Dessau (Allemagne) « Ich nicht » 2005.

Voici la liste des artistes issus de la collection de la société générale. - Tom CARR - Nathalie ELEMENTO - Stephen DEDEAN - Alberte GARIRIBBO - Bernar VENET - Dionisio GONZALEZ - Raymond HAINS - Karsten KONRAD - Sol LEWITT - Mathieu MERCIER - Laurent PARIENTE - Franz PICHLERER - Philippe RAMETTE - Vassilakis TAKIS

Pour en savoir plus sur l'exposition au laboratoire

mercredi, avril 1 2009

Stéphane Janson, un mécène qui promeut l’art à l’usine

Dossier : le Business de l’art à Toulouse paru dans Touleco le 31 mars 2009

Stéphane Janson est chef d’entreprise et mécène. Féru d’art contemporain, il met à disposition d’une dizaine d’artistes des ateliers de travail dans son usine.

L’homme est chef d’entreprise et mécène. Sa table de salle à manger est couverte de dossiers. A son bout, un ordinateur. Au mur, une toile de 2 mètres sur 3, gaie, colorée, presque naïve, avec des animaux dans des cases : « Une évocation du zoo de Plaisance. » Stéphane Janson consulte tour à tour ses mails, son téléphone portable, le courrier. Même sur une chaise, il faut que ça bouge.

Janson_opti.jpg

Naviguant entre ses usines de Boussens, de Narbonne, d’Atlanta, aux Etats-Unis, et son domicile toulousain, où il nous reçoit, le président de Janson Industrie, quatrième entreprise mondiale de capsules de bouteilles, est plus qu’un homme d’affaires. « L’art, c’est la vie », assène-t-il. Dès 1995, il devient collectionneur à titre privé de tableaux de peinture contemporaine. « Par goût, sans objectif spéculatif. » Il le souligne : « Aucune œuvre n’est revendue à ce jour » sur près de 400 acquisitions, signées de grands noms, César, Chambas, Di Rosa ou les régionaux Joan Jorda et Paul Le Berger.

Une aide concrète Il réalise vite qu’un des problèmes majeurs pour les artistes est de trouver des ateliers de travail. Il dispose justement de locaux inoccupés dans son usine de Boussens. Depuis 2005, son association, "Mélanie Princesse", du nom de sa fille, parraine ainsi une dizaine de créateurs. Au sein des bâtiments gris et cubiques de la zone industrielle jaillissent désormais les couleurs et les formes de plasticiens, peintres, potiers ou photographes. Deux expositions par an sont organisées sur place. « Nous soutenons aussi les artistes par des participations à l’édition de livres, de lithographies, de tirés à part. Et l’achat d’une quinzaine de toiles par an », précise-t-il. A titre privé, puisque son association, ce n’est que lui et sa femme. « L’entreprise n’a rien à voir là-dedans. On ne recherche pas d’exonération fiscale. »

Alors, pourquoi cette collection ? « J’aime m’entourer de jolis objets. Le monde de l’entreprise est formaté, celui des artistes décalé. » Le mécène s’offre une vision libre et changeante du monde. D’ailleurs, ses tableaux bougent avec lui. « Ils tournent entre Boussens et mon domicile en fonction de mes envies », dit-il. Pas une semaine ne passe sans qu’il visite un atelier d’artistes : « Des moments où je me détache des contingences matérielles. »

Isabelle Meijers
Photo : Hélène Ressayres - DS Media.

Pour en savoir plus sur le Groupe Janson et l'entreprise Sofocap

mardi, mars 3 2009

Le Mobil Art de Chanel face à la crise...

Texte de André Rouillé dans Paris Art

Aux temps bénis de l’abondance, hier, la firme de luxe Chanel a lancé dans le monde de l’art un ovni — objet volant non identifié —, nommé Mobile Art, conçu par la très hype architecte internationale Zaha Hadid, à la demande du non moins chic, mondain et célèbre couturier Karl Lagerfeld. La structure futuriste aux formes de soucoupe volante renfermant en son sein des œuvres de vingt artistes, nécessairement internationaux, s’est posée à Hong-Kong, Tokyo puis New York en octobre dernier. Il était prévu qu’elle fasse escale à Londres, Moscou et Paris. Mais il n’en sera rien. En raison de la crise, comme on dit désormais, la maison Chanel a suspendu son vol. La bulle a éclaté. Significativement. Du Mobile Art, il ne reste plus qu’un site internet — «Mobile Art. Chanel contemporary art container by Zaha Hadid» —, et sans doute quelque part entreposées les pièces détachées de la structure blanche aux formes somptueusement aérodynamiques. Il reste également une expérience qui traduit à merveille la façon dont certaines firmes n’hésitent pas à utiliser l’art à leur profit: à l’instrumentaliser.

lee bul
Lee Bul - une des artistes du mobile Art

Bruno Pavlovsky, président des activités mode de Chanel, explique dans une vidéo de Figaro Madame que l’idée du Mobile Art est née de la nécessité, pour la marque, de lancer la première «opération d’image d’envergure» en faveur de l’emblématique sac dessiné par Coco Chanel en février 1955, afin de «donner un vrai message de créativité autour de ce sac». Voilà pourquoi il a été décidé avec Karl Lagerfeld de demander à Zaha Hadid de concevoir un pavillon mobile, et à «une vingtaine d’artistes contemporains de croiser leur propre univers créatif avec, justement, les codes du sac».

Karl Lagerfeld a tenu à préciser le jour de l’inauguration à New York (20 oct.-09 nov. 2008) : «Je ne suis pas le commissaire de l’exposition. Je n’ai rien à voir avec ce qui est à l’intérieur. Je ne suis intéressé que par l’extérieur ainsi que par le fait que Zaha ait accepté cette idée». Dans l’opération de valorisation symbolique du sac, les œuvres ont manifestement un rôle moindre que celui de l’architecture. La priorité donnée au bâtiment contre les œuvres apparaît de façon caricaturale dans le site internet officiel où aucune œuvre n’est présentée.

L’art du Mobile Art est ainsi frappé d’une totale invisibilité. Autant le bâtiment est amplement filmé en vidéo sous toutes les coutures, de jour et de nuit, pendant sa construction entouré d’équipes nombreuses dotées d’une imposante logistique de camions et de grues, lors de la «Party» à laquelle se presse une foule de célébrités, etc. Autant, à l’inverse, les œuvres n’apparaissent à aucun moment. Y compris dans la section «L’exposition», où les vingts artistes sélectionnés sont présentés chacun par une courte biographie et un portrait, mais sans aucune de leurs œuvres. Comme si le «conteneur d’art contemporain de Chanel» ne contenait pas d’art. Comme si la communication avait à ce point absorbé et plié l’art à sa logique que les œuvres s’étaient évaporées ; comme si les noms seuls, celui d’«art contemporain» et ceux d’un panel d’artistes réputés, suffisaient pour «donner un vrai message de créativité autour» du produit. Comme si, à la veille de la crise, le Mobile Art incarnait le paroxysme d’un double mouvement d’instrumentalisation et d’abolition des œuvres par la communication, le business, le people : une défaite de l’art.

Un art sans œuvres, en quelque sorte, non pas dans le sillage de l’Art conceptuel, non pas en tant que choix esthétique, mais comme l’effet du dispositif de communication Mobile Art. L’invisibilité des œuvres sur le site internet Mobile Art contraste avec les longues et stéréotypées vidéos consacrées à chacune des villes d’accueil; elle contraste aussi avec la place accordée aux vernissages et aux inévitables stars et mannequins nécessairement éblouissants, minaudant sous les flashes des photographes et se trémoussant aux rythmes des DJs de la Party…

L’invisibilité des œuvres provient également de l’évidente réserve que Karl Lagerfeld manifeste vis-à-vis du «mix très populaire entre l’art et la mode, avec les problèmes, les complexes, que cela peut impliquer», et de son clair refus d’adosser l’événement au réseau des galeries : «Une galerie restera toujours une galerie. Rien d’excitant».

L’«excitant» réside en revanche dans la singularité mégalomaniaque de faire voyager non pas des œuvres, comme il est de coutume, mais ce qui ne voyage jamais: le bâtiment lui-même. C’est cette façon de faire événement pour transformer Mobile Art en une «identité itinérante de grande taille», et de produire ainsi de la visibilité planétaire à la marque Chanel — avec et contre l’art.

Pour voir ces œuvres que décidément la communication de Chanel condamne à l’invisibilité totale, il faut donc quitter le site Mobile Art et consulter sur le site Figaro Madame une vidéo où Fabrice Bousteau — le commissaire — exprime un enthousiasme de commande. Après avoir insisté sur le caractère «totalement nouveau» de la réalisation — «Ce n’est pas une exposition, c’est plutôt une expérience sensible» —, il s’émerveille de ce que les visiteurs sont invités à chausser un casque qui diffuse une musique aérienne, et «isole chacun dans son propre monde». Sans apparemment saisir combien cette expérience sensible doublement coupée du monde et des autres — «On est dans une bulle», précise-t-il — ruine sa tentative de singulariser le Mobile Art par rapport au trop traditionnel dispositif du White Cube moderniste, qui conserve toutefois l’avantage d’être moins radicalement sourd et aveugle au monde que la «bulle» dorée de Chanel. Quant à l’absence d’indications sur son choix des artistes et des œuvres, on s’abstiendra d’en déduire qu’il aurait succombé aux charmes de la subtile alternative «Excitant»/«Non excitant»…

En s’échouant contre la crise, cet ovni autiste au monde, qui évoluait dans les hautes sphères éthérées et narcissiques du luxe, de l’argent, de la frivolité et des désirs sans limites, pourrait bien sonner comme la fin d’un monde.

L’actuelle vente de la collection Pierre Bergé / Yves Saint-Laurent, patiemment et méticuleusement rassemblée au fil d’un demi-siècle de passion pour l’art, et d’empathie avec les œuvres, vient opportunément souligner, par différence, les grands traits de la posture de Chanel vis-à-vis de l’art.

Le temps long du rassemblement, pièce par pièce, de la collection Saint-Laurent/Bergé, a été celui de la passion et de l’attention, celui de la proximité de la vie avec les œuvres. Celui du respect, de l’émotion, de la création, de l’inspiration. Celui d’une certaine convergence entre l’art et la mode parfois directement perceptible dans les créations Saint-Laurent. Tandis que le Mobile Art jette l’art et les œuvres sans égard, pas même celui de leur visibilité, dans une opération de communication et de business. L’instrumentalisation, l’indifférence, sinon le mépris, se cachent mal sous les éclats du luxe et l’exubérance du fric. Le lien d’inspiration et de création qui unissait l’art et la mode semble s’être distendu sous le coup du business et de la com’.

C’est cela qui vient de s’écrouler avec le Mobile Art. Faut-il le regretter ?

lundi, mars 2 2009

L'artiste Renaud Auguste Dormeuil chez Eurogroup " Quand l’art contemporain s’invite dans le conseil"

L’artiste, électron libre, réalise ses œuvres plongé dans l’univers hyperrationnel de la tour de bureaux. Un artiste plasticien qui partage la vie trépidante des consultants : vision décalée garantie.

in Le Figaro par Bruno Askenazi.

Dans la vie de tous les jours, Renaud Auguste- Dormeuil est un artiste plasticien. Il découvre actuellement une expérience peu courante : passer quatre mois dans la tour Vista de Puteaux, le siège de la société de conseil Eurogroup (500 salariés). Il vit et travaille au milieu - et au rythme - des consultants en costume gris. Il déjeune avec eux, assiste à leurs réunions « Power Point », les accompagne chez le client… Au 22e étage, près de la cafétéria d’où l’on peut contempler Paris et sa banlieue ouest, il occupe son « atelier » pour produire ses œuvres in situ. L’artiste a carte blanche. Aucune commande ne lui a été passée. Électron libre, il peut circuler partout, où il veut et quand il veut, de jour comme de nuit. Mais à quoi joue Eurogroup avec cette « résidence d’artistes », une forme de mécénat jusqu’alors inédite en France ? « Cela n’a rien à voir avec du marketing, explique d’emblée son PDG, Francis Rousseau. Certains de nos collaborateurs sont d’ailleurs contre cette initiative. Mais qu’importe, au moins il y a confrontation. Nous sommes dans un métier de relationnel. Le fait de pouvoir accepter d’être dérangé, c’est très positif pour des consultants qui vont eux-mêmes déranger leur client. » Incongru mais constructif Déranger, interpeller, questionner, tel est le but de la présence incongrue du « clown ». Un maître de l’irrationnel plongé dans l’univers hyperrationnel de la tour. Le choc est assuré. « Grâce au regard neuf d’un artiste et au miroir qu’il nous tend, on peut réfléchir sur nos missions et nos pratiques », estime Julien Eymeri, à l’origine du projet. Les productions d’Igor Antic (autre artiste plasticien qui a aussi fait un long stage chez Eurogroup), qui restent dans les locaux de l’entreprise, peuvent témoigner de cette vision décalée.

Julien
Julien EYMERI, Directeur au sein du cabinet de conseil en management Eurogroup, intervient depuis 10 ans auprès de grands groupes en accompagnement de leur grands projets de transformation. Spécialisé sur les domaines de conduite du changement et de performance managériale et culturelle des entreprises.

Comme ces paperboards ramassés par l’artiste, réunis sur une structure métallique, et titrés chacun de phrases mi-poétiques, mi-bureaucratiques : Esquisse pour une scène de délocalisation , Vision stratégique au déclin du jour,Un dimanche après-midi dans un monde en crise. Selon Eurogroup, l’œuvre de l’artiste tient pour une grande part dans les échanges et les confrontations qu’il a pu créer avec les consultants. « Igor Antic ne comprenait pas le vocabulaire employé lors de nos réunions, raconte Alexis Le Moine, consultant senior. Cela m’a fait réfléchir. Pas évident que le client comprenne également notre jargon. Maintenant, j’essaye d’utiliser des mots plus simples. ». Plus surprenant, des consultants se sont découvert des points communs avec l’intrus. Selon Alexis Le Moine, "Igor nous disait qu’il ne savait pas vraiment quel était son but. Nous aussi, au début d’une mission, difficile de dire où on va exactement emmener le client ».

Des galeries privées toulousaines s'associent au profit du rapprochement art contemporain et entreprises

7 galeries toulousaines se sont associées afin de favoriser les rapprochements entre acteurs publics et privées de l'art contemporain. Elles organisent le 3 avril un colloque sur le mécénat culturel destiné à informer et à motiver les entreprises privées à soutenir la création contemporaine. Cette initiative est soutenue par le Ministère de la Culture et de la communication, la Chambre de commerce et de l'industrie de Toulouse, Tisséo, Parcours des arts, Ramdam et Objectif News.

Programme.jpg

Les 7 galeries sont la Galerie Sollertis, Exprmntl, GHP, Galerie Kandler, Galerie Jacques Girard, Confort des Etranges, Galerie Duplex

Leur association a pris le nom de Rrose Selavy emprunté à un artiste majeur du XXème siècle. Rrose Sélavy est un personnage fictif créé par le peintre français Marcel Duchamp en 1920. Son nom apparaît pour la première fois sur une œuvre d'art, Fre(n)sh Wi(n)dow, modèle réduit de fenêtre à la française (fresh widow = veuve fraîche en anglais). Le nom de Rrose, qui ne prend alors qu'un seul r, est inscrit en signature sur la tablette. Elle figure ensuite dans une série de photographies réalisées par Man Ray, où Duchamp pose travesti en femme, maquillé et chapeauté. Le nom choisi évoque la phrase « Éros, c'est la vie ». Duchamp affirme également qu'il choisit le nom « Sélavy » pour sa sonorité juive (in Duchamp du signe). Le double r initial évoque, lui, le double l initial de certains noms gallois, comme « Lloyd ». Duchamp signe également du nom de Rrose Sélavy une série d'étranges calembours, par exemple : « Conseil d'hygiène intime : il faut mettre la moelle de l'épée dans le poil de l'aimée. »

Ce choix de nom me parait particulièrement pertinent car Marcel Duchamp est à l'origine des "ready made" qui consistent, initialement, à choisir un objet manufacturé et à le désigner comme œuvre d'art. Cette démarche a donné naissance à une grande partie des pratiques artistiques actuelles, qu'elles s'en réclament ou s'en défendent. Il est ainsi l'initiateur des premières relations entre la création contemporaine et les entreprises privées. En effet, les ready made ne sont pas crées par un artiste mais conçu, fabriqué et distribué par une des entreprises. Le ready-made a ainsi remis en question un certain nombre de certitudes sur lesquelles reposait l'art, comme les notions de virtuosité et de savoir-faire ou encore d'œuvre, conçue désormais comme résultante de l'exposition et l'acte de nommer. Ce qui est industrialisé peut-il être création ?

Effectivement, les ready-made sont des œuvres d'art qui n'ont pas été réalisées par l'artiste, ce dernier n'intervient en effet que pour les sélectionner, changer leur contexte et leur statut par la désignation (l'affirmation « ceci est une œuvre d'art », entonnée par Marcel Duchamp faisant dès lors acte de redéfinition).

dimanche, février 22 2009

Une intervention à l'espace Ecureuil de la Caisse d'Epargne Midi-Pyrénées, Toulouse

Hier, à l'espace Ecureuil, place du Capitole à Toulouse, un groupe de 13 participants a passé une journée à décrypter une œuvre d'art contemporaine. Il s'agissait de l'œuvre de l'artiste Florence Garrabé intitulée Playground présentée dans l'exposition "En découdre".

fgb
2 participantes observent l'œuvre de Florence Garrabé, Playground

Cette œuvre faisait directement références aux enfants soldats mais le traitement de ce sujet par cette artiste a invité l'ensemble des participants à remettre en question leurs préjugés et à aborder une culture, une personne, un point de vue différent avec la plus grande ouverture d'esprit possible. Ils ont du mettre à l'épreuve tout au long de la journée leur capacité d'écoute, d'acceptation du dialogue, de pédagogie, de conviction et de respect pour en fin de journée arriver à présenter à l'artiste une véritable analyse de l'œuvre aussi structurée et argumentée que celle d'un critique d'art. Se familiariser avec le monde des idées, l'immatériel est nécessaire à ses jeunes cadres qui vont, en prenant de plus en plus de responsabilités, devoir faire face à des enjeux complexe ( le sens et le relationnel) et acquérir une certaine forme d'intelligence : l'intelligence des situations prenant en compte tous les aspects d'une situation donnée ( l'inter-culturel, l'inter-générationnel, les fluctuations des marchés, la concurrence...)

fce
Les participants échangent afin d'analyser l'œuvre

vendredi, février 20 2009

A quoi sert l'art et la culture....Face à la crise, la culture promesse de richesse.

Tout est dit dans ce texte co-signé par Jean-Jacques Annaud, Laurent Benzoni, Mats Carduner, Emmanuel Chain, Hervé Digne, Renaud Donnedieu de Vabres, Axel Ganz, Emmanuel Hoog, Alain Kouck, Véronique Morali, Pascal Rogard, Nicolas Seydoux. Ce texte est parul dans Le Monde du 15 novembre 2008.

La première édition du Forum d’Avignon s’est tenue du 16 au 18 novembre sur le thème “la culture, facteur de croissance”. Le ‘Forum d’Avignon ‘ a pour objectif, entre autres, de montrer en quoi l’investissement culturel contribue non seulement à la protection de la diversité et à la défense des valeurs de civilisation mais également à la création de richesses pour les habitants et à une meilleure compréhension des valeurs d’un pays pour les visiteurs et ses habitants.

Dans le chaos financier actuel, l'oeuvre d'art offre un repère vital et un investissement d'avenir. Attention, "fragile" ! Cette inscription rituelle des colis précieux pourrait même instruire un procès en marginalité, superficialité, inutilité de tout acte de culture, jugé accessoire, dans le contexte actuel de la crise financière mondiale. "Il y a plus urgent, plus important, plus stratégique, plus sérieux, que de parler culture", penseront même certains esprits. "Allons à l'essentiel, ne perdons pas de temps, n'en faisons pas perdre, le futile, l'accessoire, le superflu, pour ne pas dire le superficiel, attendront des jours meilleurs", en rajouteront d'autres.

Wang Du, 2004
Wang Du, World Markets, 2004.
Vue de l'exposition Wang Du Parade, Palais de Tokyo site de création contemporaine.
Photo de Daniel Moulinet.

Cette relégation de la culture n'est d'ailleurs pas malheureusement un réflexe des temps difficiles. Elle est une sorte de refus de résistance, une paralysie du discernement, un abandon de poste.

C'est la posture permanente de tous ceux qui n'imaginent pas que la culture soit créatrice de richesses tangibles et de valeurs aussi concrètes que spirituelles, et qui ont une vision fausse et très désuète de la réalité, française, européenne, mondiale. Citons pêle-mêle quelques exemples emblématiques : Pétra, La Grande Muraille de Chine, l'Orchestre philharmonique de Berlin, le Ballet de l'Opéra de Paris, le Louvre, Bilbao, le hip-hop, Yves Saint Laurent, le château de Chenonceau. L'énumération est infinie.

Elargir le champ des possibles, contribuer à la fierté d'appartenir au monde, donner les outils les meilleurs pour que chacun au sein de la collectivité puisse maîtriser son destin. Il est le devoir d'Etat de tout homme ou femme politique. Aujourd'hui, plus que jamais. Tenir cette ambition implique une prise en compte sans réserve et sans complexe de la culture.

Il est de ce point de vue significatif que le président de la République ait décidé pendant la présidence du Conseil de l'Union européenne d'organiser une Saison culturelle européenne, où nos 26 partenaires sont accueillis avec tout l'arc-en-ciel de leur potentiel culturel et artistique. La France fait figure de pionnier en la matière. Puisse cette heureuse initiative française faire école afin que la Commission européenne prolonge cet élan mobilisateur et novateur !

Les modalités de la crise boursière actuelle poussent au paroxysme le champ du virtuel. Les chiffres n'ont plus de sens. Les écarts traduisent la brutalité d'un affolement plutôt qu'une évolution intelligible. Les constructions financières apparaissent comme une spéculation dépourvue de morale et surtout de fil conducteur. Dans ce chaos, le tangible, le vrai, le beau, le solide, l'authentique, le futuriste, le décalé, le conceptuel, le génial apparaissent comme les nouvelles valeurs refuges rassurantes et pérennes.

Si s'effondre la "splendeur" d'une place financière, subsiste le rayonnement durable et fort d'une oeuvre, d'un moment, d'un site, ainsi que la perfection magique et surnaturelle d'une création, la vérité lumineuse et cruelle d'un cri artistique parfois violent.

La culture donne des repères. Elle est l'alliance rare entre l'immatériel et le matériel, la fécondation de la matière par l'esprit. Même si un geste artistique est parfois fragile et éphémère, une fulgurance géniale et fugace, le choc esthétique qu'il engendre, imprègne durablement la mémoire. Il provoque la conscience. Il génère l'être.

La culture permet tout à la fois l'enracinements, l'harmonie et le dépassement total de soi. Le respect de l'histoire, du sol, de la tradition, mais aussi la force de créer, la capacité d'imaginer, la griserie de rêver, l'envie d'ailleurs. L'intelligence de la complexité. L'amour du monde et de la diversité. C'est faire le lien entre le passé et l'avenir. C'est comprendre. Comprendre les autres. Se connaître soi-même. Apprivoiser les différences.

L'art est une exigence, une métamorphose, un voyage. C'est également une fondation, un ancrage, une signature. Une réconciliation entre le "soi" et "l'autre".

Lorsque les constructions humaines artificielles et précaires deviennent des ruines et des décombres, l'architecture, le patrimoine, le spectacle vivant, les arts plastiques, l'écrit, le son, la lumière, l'image, le film sont de puissants vecteurs de confiance, de ressourcement qui créent l'élan, génèrent la dynamique, rétablissent l'unité intérieure. L'homme devient riche de son regard, heureux de sa sensation, apte à embrasser le monde. Il devient universel, frère, disciple. Ou contradicteur par devoir et par passion légitimes.

Même s'il est conçu dans la pauvreté, le dénuement et la précarité, l'acte artistique est une richesse et une valeur plus puissantes et incarnées qu'une réussite financière fugace et éphémère.

La culture ne saurait se réduire à une élégance, un divertissement, une angoisse ou une ivresse. Elle est la marque d'une époque, le reflet d'une terre, le soleil d'une main et d'un cerveau. Elle est la transfiguration de la matière, la sublimation d'un projet. L'horizon d'une idée. Elle est un phare d'autant plus puissant et protecteur, que les océans de la folie humaine sont déchaînés et destructeurs.

La culture est l'investissement de l'avenir, l'équilibre et la célébration du présent, l'humilité de l'histoire et de la chaîne du temps, la transformation du fugace en permanence du génie et du savoir-faire. Pour la France, la culture est notre chance, notre vocation, notre solidité et notre destin. Notre horizon.

Tous les diseurs de bonne aventure économique et financière devraient descendre de leur superbe et de leur mépris, en comprenant enfin qu'avant d'être une dépense, une extravagance ou le caprice du prince, la culture est notre stratégie, notre trésor de guerre, notre nouvelle frontière. Face à la myopie, à la caricature et à la choquante désinvolture, rétablissons la vérité. Osons montrer le réel. Chiffrons l'inchiffrable, sans tout financiariser pour autant. Décrétons l'urgence. Garantissons par-là même notre survie, notre épopée, notre renaissance. Notre avenir concret. Aujourd'hui et demain.

La culture est une promesse de richesses, une source d'attractivité(s), d'emplois, un rêve tangible. C'est une priorité pour qui sait enfin ouvrir les yeux, voir et comprendre que dans la fureur du monde, l'harmonie qu'elle diffuse et le progrès qu'elle génère sont des valeurs plus puissantes que les jeux d'écriture financière aux improvisations tragiques et à la "poésie" mortifère... La culture n'est pas un opium, un luxe, une futilité. Elle est un réflexe lucide, une performance orchestrée.

Oser parler, dans une même dynamique, de culture et de croissance, de patrimoine et de création, d'archéologie et de numérique, de fièvre de l'esprit et d'économie politique, des citoyens et des artistes, de gratuité et d'argent, d'intemporalité et de nouvelles technologies, de marché et d'indépendants, de liberté d'esprit et de métiers, c'est le défi du Forum d'Avignon, destiné à ouvrir un espace de dialogue fécond et décloisonné entre le monde culturel et artistique, le monde économique et le monde politique. C'est un acte de mobilisation politique, de prise de conscience. C'est le lancement d'une offensive pacifique, humaniste, volontariste. Face à la crise, la culture !

mercredi, janvier 14 2009

APCI : Introduire le design dans le management

source. le Journal de l'innovation le 14 janvier par Elsa Bellanger.

Fred Collopy, professeur à la Weatherhead School of Management de Cleveland, est l’auteur, avec Richard Boland, de l’ouvrage Managing as Designing. © Elsa Bellanger /Naja Que ce soit dans les services, les rapports sociaux ou l’organisation d’entreprise, une approche par le design permet de prendre en compte l’ensemble des éléments d’une problématique. Pour montrer les apports de cette démarche dans le management, l’APCI organisait, dans le cadre de la 6ème conférence européenne sur les enjeux de la promotion du design, un atelier intitulé « Gérer la créativité ou gérer de manière créative ? Innovation sociale et innovation organisationnelle ». « Trop souvent, le design est cantonné à une simple "humanisation" des technologies, alors que sa démarche va beaucoup plus loin et questionne la recherche et les organisations » souligne Anne-Marie Boutin, présidente de l’Association pour la promotion de la création industrielle (APCI). Dans le cadre du management, une approche par le design se préoccupe de l’ensemble des éléments, de la conception à l’organisation de l’entreprise. L’atelier « Gérer la créativité ou gérer de manière créative ? Innovation sociale et innovation organisationnelle » de la 6ème conférence européenne sur les enjeux de la promotion du design, organisée les 12 et 13 janvier à Paris, par l’APCI, proposait de clarifier les enjeux de l’intégration du design dans le management.

managing_cover.jpg

Elaborer des solutions est le métier du designer « Il n’y a pas d’organisation qui se soit créée sans avoir été pensée. Or cette démarche d’élaboration de solutions à des problèmes complexes est justement celle du designer. C’est pourquoi il faut amener le design dans le management, explique Fred Collopy, professeur à la Weatherhead School of Management de Cleveland. Les managers doivent envisager les problèmes qu’ils rencontrent comme des problèmes de design dans la mesure où la formulation d’un problème détermine sa solution. La plupart des problèmes sont réglés avec la première idée ou solution qui a émergé. Or bien souvent, ce n’est pas la meilleure. Le designer est là pour aller plus loin que cette première réponse et pour développer la solution la plus adaptée » poursuit-il. Avec son approche centrée sur les individus, le design s’éloigne du marketing pour proposer une réponse globale. « Certains ministères font appel à des designers pour réorganiser leurs services. C’est aussi le parti adopté par le gouvernement britannique pour la réforme de ses services de santé. Ces exemples montrent bien qu’une approche par le design est une approche multidimensionnelle qui prend en compte une situation ou un problème donné dans toute leur complexité » précise Anne-Marie Boutin.

Le design des rapports humains Sans savoir que son entreprise avait développé une approche par le design, Albert Riera, représentant de l’entreprise La Fageda, explique comment le fondateur, Christophe Collomb, en est venu à créer une entreprise de production de yaourts en Espagne. « Après avoir travailler avec des handicapés mentaux dans un hôpital, le fondateur de La Fageda n’était pas satisfait du traitement qui leur était réservé à leur sortie. Il s’est donc lancé dans la création d’une entreprise, uniquement pour employer les handicapés mentaux. La définition de l’activité est venue plus tard. L’idée était de mettre en place un cadre et un environnement favorable aux handicapés mentaux » raconte Albert Riera. Pour Fred Collopy, cette démarche relève complètement du design dans la mesure où elle « part d’une insatisfaction face à une situation et s’engage dans sa résolution ».

- page 1 de 2